Ruta 25

Comme vous vous en doutez j’ai donc choisi la piste en terre de 560km pour rejoindre La Paz. Je croise les doigts pour ne pas avoir de soucis techniques car c’est vraiment la pampa par ici. Première étape rejoindre Independencia, un petit village à 150km. Ensuite de nouveau 150km avec une traversée de rivière sans pont d’après ce qu’on m’a dit. Mais si il ne pleut pas ça ne doit pas trop poser de problèmes.

Je pars de Cochabamba, 2600m, pour monter à 4200m, et le ciel est de plus en plus noir, avec déjà quelques gouttes.

Pas un chat sur la route, je passe par des petits hameaux où quelques paysans cultivent leur terre.

Ça ne rate pas, je me prends un gros orage, j'ai juste le temps d'enfiler la combinaison de moto intégrale contre la pluie que Bernard m'a donnée avant le déluge. La route à flanc de falaise ne pardonne pas la sortie de piste, prudence !

Les maisons de terre ne sont pas très résistantes à l'eau. Mais pas de chance pour eux car 100% des maisons sont en terre dans les campagnes. Heuresement de plus en plus de maisons ont des toits en tole ondulée qui les protègent bien.

Independencia, petit village isolé, les gens parlent Quechua, mais quasiment tous parlent aussi castillan. Je vais prendre un café avec un morceau de pain dans la rue et tout le monde vient me parler. Ils ne doivent pas voir beaucoup de touristes ici. Au bout de 10 minutes quelqu'un me dit qu'il y a un paysan français qui habite non loin du village, Didier, il me montre la direction et me dit de demander au gens si je ne trouve pas, tout le monde se connait ici.

Je pars donc à la rechercher de Didier.

Et je le trouve enfin ! Ici en train de couper de l'avoine pour nourrir sa vache. Il aimerait faire du fromage, hé oui c'est bien un français. Ça fait 32 ans qu'il vit en Bolivie, et 7 ans ici. Il n'a plus de papiers et la Bolivie lui demande 1000 dollars pour les refaire, mais comme il ne les a pas il restera sans papiers jusqu'à la fin de ses jours. Ça ne pose pas plus de problème que ça ici et la police ne dit rien.

Il produit aussi sa bière qui est vendue dans un restaurant du village.

Tiens j'en parlais un peu plus haut, sa maison est en terre avec un toit en tole ondulée. Ce qui est pratique c'est que le four est directement dans le mur en terre, derrière lui.

Voilà à quoi ressemble un hotel restaurant ici. Vue depuis mon balcon. Pas de poignée ni serrure sur la porte. Mais apparement pas de soucis non plus. Ça m'arrive souvent d'entrer dans une tienda (un petite boutique) et personne ne répond. Les gens partent manger en laissant tout ouvert, avec tous les produits sur les étalages dans la rue et personne.

Et voilà ce qu'on a pour 2 euros par nuit. Il y a même la douche chaude et les draps sont propres !

Hier c'était un torrent de boue pendant l'orage, et aujourd'hui tout est sec. Avec le soleil et l'air sec d'altitude , tout sèche très vite ici.

Après 2 jours dans ce petit village je repars sur la route. Avec la fameuse traversée de la rivière Sacambaya que j'appréhende. Là je suis à 3700m, et le sommet à gauche est à 4900m. Mais pas de neige dans les Andes ! Je suis un peu déçu. Il faut aller dans la cordillère des Andes pour la neige et les sommets à 6000m. Ne soyez pas pressé, ça va venir !

Belle journée ensoleillée, même s'il ne fait pas très chaud en altitude il faut faire attention au soleil qui est très fort ici, il passe au zenit.

J'aperçois enfin la rivière. Elle parait quasiment à sec. Elle fait 900m de large, ça doit être impressionant pendant la saison des pluies quand tout est plein d'eau, de décembre à février.

En zommant un peu on voit qu'il y a pas mal de ramifications, tout va dépendre de la profondeur d'eau, suspense !

Yeah c'est passé ! Ça m'a pris une heure, pour trouver le meilleur endroit. Vérifier à pied les profondeurs. Là où je suis passé il y avait de l'eau jusqu'au genoux, limite limite, 10cm en dessous du filtre à air. 4 branches de rivières traversée et le reste c'est de l'argile meuble, pas facile non plus, je me suis embourbé quelques fois. Et quelle chaleur en bas, vivement que je remonte en altitude.

Ma plaque s'est cassée, il m'en reste un mini bout à gauche... Aucune idée d'où. On va voir combien de temps je tiens avant qu'on me dise quelque chose. Mais la plupart des motos ici n'ont pas de plaque non plus.

Encore quelques vallées à traverser pour rejoindre Quime.

Plus que 30km, la journée aura été longue et fatiguante. J'ai croisé un seul camion dans toute la journée, il n'y a vraiment personne sur cette piste !

Me voilà à Quime, à mi chemin. Je vais passer quelques jours ici pour visiter les alentours et m’imprégner de l’ambiance de ce petit village, avant de reprendre la piste vers La Paz.

5 commentaires sur “Ruta 25

  1. Génial ! merci de partager ça avec nous, et on en redemande :-) tu dois te régaler !

  2. Véronique on

    Eh bien mon Loulou quelle aventure, tu m’impressionnes avant de partir fêter le Beaujolais, je viens de faire un voyage magnifique.
    Que du bonheur, je ne te trouve pas courageux mais téméraire, ;-))))))

  3. Qui aurait cru que le bébé que j’ai tenu dans mes bras à la maternité de Béziers partirait ainsi à l’aventure ! Bravo pour tous ces exploits…..tu as bien raison d’en profiter. Prends bien soin de toi. Baisers affectueux de nous 2. Rosy.
    Salut mon gars. je profite de ce blog pour te charger d’une mission …depuis 2004 et notre premier périple dans cette région, je continue à me poser des questions:
    pourquoi les autochtones ont de tous petits chapeaux nullement adaptés à leurs têtes ? Même questionnement …leurs ancêtres plutôt petits bâtissaient des constructions gigantesques …avec des marches pas possibles….. qu’ils avaient les plus grandes difficultés à gravir….WHY ? Voilà de quoi t’occuper la tête durant tous ces kilomètres sur ta moto…..d’apatride !! Lol
    Bises Fernand.

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